Et cætera

Écrit par On en retrouvera que les entrailles.. Publié dans Littéraires

Receuil de deux poèmes, l'un traitant d'une terrible nuit de souffrances, mais qui exprime aussi une résolution, une détermination de vouloir continuer le chemin, et l'autre étant un hommage à deux personnes importantes dont les noms apparraissent discrètement, à travers le récit d'un amour immuable.

 

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Souvenirs d'une nuit d'enfer

 

Journal d'un garçon au cœur blessé. Journal d'un p'tit bonhomme à la tête brûlée, dont les bras sont jamais baissés.

Bien sûr que non j'ai pas tout réussi. J'arrive plus à aimer. J'ai le cœur en panne. En panne d'amour. Bien sûr que non j'ai pas tout réussi. J'ai le cœur qui crie au secours.

Je suis pas pathétique, je suis détruit. La nuance est que j'ai pas besoin d'un coup dans le nez pour me sentir démoli, un coup dans le coeur me suffit.

Mon esprit erre, entre ici et ailleurs. Je sais même plus où je suis d'ailleurs. Perdu entre l'honneur et l'horreur, les senteurs et l'malheur, les menteurs, les frayeurs, j'suis preneur, j'ai pas peur. A la recherche d'un monde meilleur, le processus je le connais par cœur, j'ai appris que la terre promise est intérieure, faut juste être à la hauteur.

Tu pensais m'avoir peut être ? J'suis l'inconnu que tous le monde croyait connaître, laisses moi deux secondes pour renaître, dans cinq minutes je fais la fête.

Je vais pas prêcher dans l'désert. Toi t'as pêché, c'est l'enfer. C'est la ronde circulaire, c'est la ronde séculaire. Moi j'ai pêché, mais seulement une malsaine rosière.

Elle est le fruit de la consommation, moi de la contemplation, de la concentration. Elle croit au complot, moi aux compagnons, à la constitution. Elle a pas compris qu'elle me condamnera pas. J'ai une certaine aisance dans la complaisance, ça me met en transe, ça éveille mon être, mon essence, le bonheur est mon essence, perpétuelle renaissance.

Tu voulais m'abattre, me faire souffrir ? À ton nez je laisse s'échapper un rire. J'ai compris ce qu'il c'était passé. Tu pensais avoir le dessus, tu t'es laissée emporter. Mais tu sais, il faut craindre le loup, même déguisé en cerf. Oui, je pense que c'est juste la folie qui t’enserres.
Dirigés par un instinct primal, animal, anormal, on d'vient sales, on a mal, on fait mal dans un effort... optimal. Et dans un râle on érige un mal malbâti, celui de notre malheur, comme on érigeait les cathédrales.Cathéters d'amours éphémères, nos mères nous sauvent des mers de nos chimères. On se prend de sévères commentaires, on nous enterre, on éclaire les revers de notre enfer à travers les divers travers de nos pères. Beaucoup finissent amers, pleins d'amertume, les gens boivent, les gens fument, et du poumon, et de la langue se parfument;Nous ne sommes plus, ce que nous fûmes.

J'pue l'bonheur c'est vrai, tu l'sens même en t'bouchant l'coeur je sais.

Souvenirs, souvenirs... A la recherche de ma mémoire, mon unique souvenir de toi est celui de tes déboires, de ces nuits noires à essayer de réparer tout c'que tu foires.

Mais ne t'inquiètes pas, je n'ai pas peur des souvenirs, je fais confiance aux expériences à venir, tu m'as préparé au pire, maintenant je me tourne vers l'avenir.

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Poème pour un souvenir

 

Ma peau est maintenant et pour jamais, marquée par les lettres calligraphiées de tes mémoires, en veinures invisibles. J'ai écris à l'encre du souvenir sur mon âme abîmée à quel point tu es belle, à quel point je te vois quand je regarde le ciel.
Apparaissant comme une évidence, je ne suis qu'un homme, aux milles parfums d'amant.
Rares sont ceux qui dans les yeux perçoivent l'histoire. Peut être suis-je fabuliste, peut être suis-je juste fou, mais dans les tiens j'ai vu le monde, j'ai vu tout.
Indescriptibles sont les sensations de deux cœurs qui s'unissent et se comprennent, dansant dans la poitrine, tapant en rythme en une subtile symphonie. Et quand je prends ta main, quand je plonge mes yeux au plus profond de ton âme, chaque geste, chaque souffle, chaque convulsion de ta peau, de ton corps contre le mien, est un mot silencieux, un silence immuable qui décrit au plus prêt la partition de tes sens, la partition de ton être.
Narquois est ton sourire, provocant est ton regard, mais mes lèvres à tes lèvres font taire ton air innocent et aguicheur, mets ta main dans ma main pour les faire oublier.
Aventurier en quête de sens, j'explore ton corps comme une contrée lointaine et inconnue, aux merveilles immaculées.

Doucement les sentiments perlent sur ma peau, et le vent brumeux des âges me rappelle que je ne m'appartient plus.

Au début simples murmures inaudibles pour mon esprit aventureux, ton nom maintenant me parle, il se susurre et résonne. Je l'entends, nuit et jour me donner soif de toi. Et puisque la vie est frêle, et puisque la vie est doutes, je te dirai des « je t'aime » éternels, des « je t'aime » qui se murmurent, qui au creux de l'oreille, te feront frissonner.

Vie, astres et marées, tu n'es pas tout pour moi mais tu es mon origine. Parce que tu es la génitrice de mon renouveau.
Inarrêtable, ton image me fait frémir, et le contact de ta peau suave, de tes mains éperdues, de ton corps fébrile, m'accorde des douceurs sans noms qui me plongent dans un état d'ataraxie, délicieux.
Désirable créature, il me semble te transpirer, car je me sens imprégné de ton parfum odorant ; mon amour, insondable, mon souvenir, volatile et rebelle, ma rose.

 

Enzo Gomez